VIOLATION écrit par Robert A Y A C H E - Capitaine Honoraire de Police - Membre de la FPASVV )

Sébastien, Ingrid, Muriel, Karine... Fleurs de vie, innocence assassinée, corps martyrisés, souillés, enfouis dans la boue...Abominable souvenir !

Faut-il, pour autant, avec cette perversité qui caractérise le prédateur, marquer son passage de manière aussi morbide, profaner aussi ignominieusement leur mémoire, violer la paix de leur repos, ajouter à la torture morale, à la mort lente de celles et ceux qui les ont tant aimés ?

Rien ne peut justifier cette recherche insane pour un sensationnel révoltant, déjà condamné !

Notre société bascule dans un déferlement quotidien de violences physiques, morales, culturelles, cultuelles, qui font de la vie l'exutoire de toutes les turpitudes. Le droit de tuer a pris le pas sur les règles fondamentales de notre Justice, dont il faut bien dire que son humanisme pourrait la rendre définitivement aveugle.

Parents, victimes, votre souffrance est inhumaine. Elle est ce silence dans la nuit noire de vos cauchemars, cette douleur intérieure où vos larmes n'ont plus de place, dans cette vie sans lendemain, sans le sourire de ceux que vous avez tant chéris.

Votre prison est semblable à la leur : qui s'en soucie ?

D'aucun a osé exalter la souffrance expiatoire du voleur d'âme. Le plaidoyer contre la peine de mort a certes réveillé nos consciences... mais n'aura jamais prononcé l'abolition du droit de tuer !

Sur vous, aucun regard : votre peine est perpétuelle.

Ce n'est pas Justice !

Robert A Y A C H E
Capitaine Honoraire de Police
Membre de la FPASVV

Réponse du Docteur Michel Bourgat envoyée à Geneviève Celant

Le texte de notre ami Ayache est très sincère et exprime l'opinion de beaucoup de nos membres. Tu connais mon opinion personnelle sur la peine de mort, et je pense qu'elle n'engage que moi et ceux qui pensent ainsi? Le texte de Robert Ayache l'engage selon son coeur et n'est pas vraiment un plaidoyer pour la peine de mort, juste un ressenti, une opinion plus viscérale que juridique. Pour moi, la peine de mort met la société au même niveau que l'assassin, mais l'envie de vengeance est compréhensible chez les victimes. Je ne demande qu'à celles-ci de se hisser au dessus de leurs tripes pour rejoindre l'esprit: seul capable d'honorer nos morts d'une façon digne et éternelle! Le texte est publiable mais il faut aussi expliquer la position de ceux qui ne veulent pas tomber dans la haine et rejoindre l'horreur du meurtre, même légal et justifié par la barbarie. Laissons les barbares entre eux et montrons que nos victimes sont grandes et pures!
Docteur Michel Bourgat